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Cuspidi C, et al. Nondipping pattern and carotid atherosclerosis: a systematic review and meta-analysis

Cuspidi C, et al. Nondipping pattern and carotid atherosclerosis: a systematic review and
meta-analysis. J Hypertens 2016 ; 34 : 385-392

Résumé :
La présence de lésions de la paroi carotidienne, à type d’augmentation de l’épaisseur intimamédia (EIM) ou de plaque d’athérome, est considérée depuis les recommandations ESH/ESC de 2003 comme représenter une des atteintes d’organes cibles de l’HTA. EIM élevée et plaque athéroscléreuse représentent un marqueur de risque cardiovasculaire au même titre que l’HVG ou encore la rigidification artérielle. Parmi les nombreux paramètres tensionnels issus de la mesure clinique ou ambulatoire, l’absence de chute nocturne de la PA (non-dipping) en MAPA est un des plus puissants prédicteurs d’évènements cardiovasculaires. Les résultats des études analysant les relations entre non-dipping et lésions carotidiennes en échographie n’étant pas univoques, les auteurs ont réalisés cette méta-analyse.

Après analyse de la littérature, 13 études ont été retenues parmi les 260 identifiées. Au total, ce sont 2.753 patients normotendus ou hypertendus (sans insuffisance rénale sévère) qui ont été inclus : 1.003 non dippers (36,4%) et 1.750 dippers (63,6%). Les principales caractéristiques des patients non dippers étaient : âge moyen entre 41 (39 si dippers) et 62 (59 si dippers) ans, 54% d’hommes, PAS de nuit moyenne entre 108+6 (98+6 si dippers) et 144+13 (129+9 si dippers) mmHg. Le résultat principal de cette étude est que l’EIM moyenne est plus élevée en cas de nondipping que chez les dippers (807+36 vs 746+28 μm, P<0,01). L’EIM carotidienne variait selon les études de 630+100 à 1.100+400 μm chez les non dippers et de 630+150 à 950+230 μm chez les dippers. Après ajustement aux biais de publication, la différence restait significative (P<0,01), y compris dans la population des patients non diabétiques porteurs d’une HTA essentielle non traitée. La prévalence des plaques athéromateuses était de 38% chez les non dippers contre 27% en cas de dipping.

Commentaire : Pr Jean-Philippe Baguet, Grenoble L’augmentation de l’EIM carotidienne comme la présence de plaque athéroscléreuse au niveau carotidien représentent un marqueur de risque cardiovasculaire bien connu chez le patient hypertendu comme chez le normotendu. Leur recherche par échographie est d’intérêt, surtout chez le sujet à risque intermédiaire selon les échelles usuelles comme le SCORE européen. De nombreux paramètres sont liés à ces anomalies de la paroi carotidienne, y compris les paramètres tensionnels, en particulier obtenus en ambulatoire. L’apport de cette étude, dont la méthodologie semble irréprochable, est de montrer une relation étroite et indépendante entre lésions artérielles carotidiennes et statut dipper, les sujets non dippers ayant des lésions plus importantes. Curieusement, les auteurs n’ont pas évoqué la possibilité de la présence de certaines situations pouvant modifier le statut dipper comme une dysautonomie (ils ont certes analysé le diabète) ou surtout le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) qui, per se, peut favoriser le développement de lésions de la paroi artérielle.

Il faut cependant rester prudent quant à l’interprétation de ces données. En effet, il existe des biais potentiels, bien reconnus par les auteurs, biais liés à la méthodologie propre à chaque étude quant aux critères d’inclusion, aux techniques de mesure utilisées et aux seuils définissant les lésions carotidiennes ou encore le statut non dipper. De plus, pour des raisons méthodologiques, l’analyse statistique n’a porté que sur les comparaisons d’EIM et non pas sur celles de prévalence de plaque d’athérome. Malgré cela, les résultats de ce travail sont séduisants, confirmant l’intérêt de tenir compte du statut dipper dans l’interprétation de la MAPA. Ce statut a en effet un rôle non seulement pronostique (potentiellement étayé par ce travail) mais aussi d’aide au diagnostic de situations particulières (diabète, SAOS, dysautonomie) ou à la prise en charge médicamenteuse (chronothérapie avec prise vespérale d’antihypertenseur par exemple).

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