Newsletter de l’ISH (novembre 2022)

Prenez le temps de revivre les temps forts du congrès de Kyoto d’octobre 2022

Le président de l’ISH 2020-2022, Maciej Tomaszewski, et les membres de son conseil ont mené à bien plusieurs actions importantes pour remodeler et moderniser l’ISH, et ont également lancé de nouvelles initiatives ayant un impact mondial.

Il s’agit d’une excellente base pour le nouveau président de l’ISH, Bryan Williams, pour lancer de nouvelles activités visant à améliorer la science et l’éducation et, par conséquent, la gestion de l’hypertension au niveau mondial.

Pour en savoir plus : https://ish-world.com/

Lire la newsletter : Cliquez ici

Lire la suite

Renin-Angiotensin System Inhibitors in Patients with COVID-19: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials Led by the International Society of Hypertension

Référence de l’article : Gnanenthiran SR et al. J Am Heart Assoc 2022 ;11(17) :e026143.doi :10.1161/JAHA.122.026143.

Lecture proposée par : Marilucy Lopez-Sublet

Les essais contrôlés randomisés publiés sont individuellement insuffisamment puissants pour confirmer la sécurité et l’efficacité les bloqueurs du système rénine-angiotensine (BSRA) chez les adultes atteints de COVID-19.

Cette méta-analyse s’est intéressée à évaluer la sécurité et l’efficacité des BSRA chez les adultes atteints de COVID-19.

Quatorze essais contrôlés randomisés de participants (n=1838) atteints de COVID-19 avec introduction/poursuite du BSRA par rapport à l’absence de traitement BSRA ont été retenus. Le critère primaire était la mortalité toutes causes confondues à ≤30 jours. Parmi ces essais, les auteurs n’ont trouvé aucun effet du BSRA par rapport au contrôle sur la mortalité toutes causes confondues (7,2 % contre 7,5 % ; risque relatif [RR], 0,95 ; [IC 95 %, 0,69-1,30]), que ce soit globalement ou dans les sous-groupes définis par la sévérité de COVID-19 ou le type d’essai.

Les participants avec un  BSRA présentaient une réduction non-significative des infarctus aigus du myocarde (2,1 % contre 3,6 % ; RR, 0,59 ; [IC 95 %, 0,33-1,06]), mais un risque accru de d’insuffisances rénales aigus (7,0 % contre 3,6 % ; RR, 1,82 ; [IC 95 %, 1,05-3,16]), dans les essais qui ont initié ou poursuivi le BSRA. Il n’y a pas eu d’augmentation du besoin de dialyse ou de différences en matière d’insuffisance cardiaque congestive, d’événements cérébrovasculaires, de thromboembolie veineuse, d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs, d’inotropes ou de ventilation mécanique.

Les auteurs affirment que leurs résultats fournissent des preuves solides que le BSRA peut être utilisé en toute sécurité chez les patients atteints de COVID-19.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36000426/

Lire la suite

Cuffless blood pressure measuring devices: review and statement by the European Society of Hypertension Working Group on Blood Pressure Monitoring and Cardiovascular Variability

Référence de l’article : Stergiou GS et al. J of Hypertension 2022;40(8):1449-1460.

Lecture proposée par : Marilucy Lopez-Sublet

De nombreux appareils de mesure de la pression artérielle (PA) sans brassard sont actuellement sur le marché et prétendent fournir des mesures précises de la PA. Ces technologies ont un potentiel considérable pour améliorer la sensibilisation, le traitement et la gestion de l’hypertension. Cependant, les récentes directives de la Société Européenne d’Hypertension Artérielle (ESH) ne recommandent pas les dispositifs sans brassard pour le diagnostic et la gestion de l’hypertension.

Le groupe de travail de l’ESH sur la mesure a publié ce travail qui s’est intéressé  à présenter les types de technologies de mesure de la pression artérielle sans brassard. Les dispositifs sans brassard constituent un groupe large et hétérogène de nouvelles technologies et présentent des problèmes de précision spécifiques, qui rendent les protocoles de validation établis pour les dispositifs de PA avec brassard inadéquats pour leur validation. En 2014, l’Institute of Electrical and Electronics Engineers a publié une norme pour la validation des dispositifs de PA sans brassard, et l’Organisation internationale de normalisation élabore actuellement une autre norme. La validation des dispositifs sans brassard doit aborder les questions liées à la nécessité d’un étalonnage individuel du brassard, à la stabilité des mesures après l’étalonnage, à la capacité de suivre les variations de la PA et à la mise en œuvre de la technologie d’apprentissage automatique.

En conclusion, les dispositifs de mesure de la pression artérielle sans brassard ont un potentiel considérable pour changer le diagnostic et la gestion de l’hypertension. Cependant, des questions fondamentales concernant leur précision, leurs performances et leur mise en œuvre doivent être soigneusement examinées avant de pouvoir recommander leur utilisation clinique

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35708294/

Lire la suite

Cardiovascular outcomes in adults with hypertension with evening versus morning dosing of usual antihypertensives in the UK (TIME study): a prospective, randomised, open-label, blinded-endpoint clinical trial.

Référence de l’article :Mackenzie IS et al.  The Lancet 2022;400:1425-1425

Lecture proposée par : T Denolle et M Lopez-Sublet

Des études ont suggéré que la posologie du soir d’un traitement antihypertenseur pourrait avoir de meilleurs résultats que la posologie du matin. L’étude TIME (Treatment in Morning versus Evening) visait à déterminer si l’administration le soir du traitement anti hypertenseur habituel améliore les principaux résultats cardiovasculaires par rapport à l’administration le matin chez les patients hypertendus.L’étude TIME est une étude prospective, à groupes parallèles menée au Royaume-Uni, qui a recruté des adultes hypertendus (âgés de ≥18 ans) et prenant au moins un médicament antihypertenseur. Les participants éligibles ont été assignés au hasard (1:1), sans restriction, stratification ou minimisation, à prendre tous leurs médicaments antihypertenseurs habituels soit le matin (06:00-10:00 h) soit le soir (20:00-00:00 h). Le critère principal composite était le décès vasculaire ou l’hospitalisation pour infarctus du myocarde non fatal ou accident vasculaire cérébral non fatal.Entre le 17 décembre 2011 et le 5 juin 2018, 24 610 personnes ont été examinées et 21 104 ont été assignées de façon aléatoire aux groupes de dosage du soir (n=10 503) ou du matin (n=10 601). L’âge moyen à l’entrée dans l’étude était de 65.1 ans (écart-type 9-3) ; 12 136 (57-5%) participants étaient des hommes et 2725 (13-0%) avaient déjà eu une maladie cardiovasculaire. À la fin du suivi de l’étude (31 mars 2021), le suivi médian était de 5.2 ans (IQR 4-9-5-7). Un événement du critère d’évaluation principal est survenu chez 362 (3.4%) des participants affectés au traitement du soir (0.69 événements [IC 95% 0.62-0.76] pour 100 années-patients) et 390 (3.7%) affectés au traitement du matin (0.72 événements [IC 95% 0.65-0-.9] pour 100 années-patients ; rapport de risque non ajusté 0-95 [IC 95% 0-83-1-10] ; p=0-53). Aucun problème de sécurité n’a été identifié.InterprétationCette étude a montré que la posologie du soir des médicaments antihypertenseurs habituels n’était pas différente de celle du matin en termes de résultats cardiovasculaires majeurs.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36240838/

Lire la suite

Measured Blood Pressure, Genetically Predicted Blood Pressure and Cardioavscular Disease risk in the UK Biobank

Référence de l’article : Cho JSM et al. JAMA Cardiology 2022;28:e1-e9;doi:10.100/jamacardio.2022.3191

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

L’hypertension artérielle reste le principal facteur de risque de maladie cardiovasculaire (MCV) dans le monde. La variabilité de la pression artérielle (PA) mesurée peut entraîner une prise en charge sous-optimale. La question de savoir si les facteurs génétiques contribuant à une PA élevée peuvent-ils compléter l’évaluation du risque de maladie cardiovasculaire ?

Ce travail s’est intéressé à examiner l’incidence des MCV en fonction du score de risque polygénique de la PA indépendamment des PA mesurées et des prescriptions de médicaments antihypertenseurs.

Il s’agit d’une étude de cohorte (UK Biobank) qui a recruté des résidents britanniques âgés de 40 à 69 ans entre mars 2006 et mars 2007. Les participants n’ayant pas fait l’objet d’une maladie cardiovasculaire ont été inclus.

Le critère principal a été le premier incident: infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque ou décès d’origine cardiovasculaire.

Sur les 331 078 participants à l’étude inclus. 56,9 [8,1] ans ; 178 824 femmes [54,0 %]), 83 094 (25,1 %) PA normale, 197 597 (59,7 %) HTA non traitée, et 50 387 (15,2 %) avaient une HTA traitée. Au cours d’un suivi médian (IQR) de 11,1 (10,4-11,8) ans, le résultat principal est survenu chez 15 293 participants.

Classés en 3 groupes (PA normale, HTA non traitée et HTA traitée), chaque écart-type d’augmentation de la PAS mesurée était associé à des rapports de risque de 1,08 (IC95 %, 0,93-1,25), 1,20 (IC95 %, 1,16-1,23) et 1,16 (IC95 %, 1,11-1,20) respectivement pour le résultat primaire. Parmi ces mêmes catégories, chaque écart-type d’augmentation de la de la PAS génétiquement prédite était associée à des rapports de risque accrus de

1,13 (IC95 %, 1,05-1,20), 1,04 (IC95 %, 1,01-1,07) et 1,06 (IC95 %, 1,02-1,10), respectivement, indépendamment des PA mesurées et d’autres covariables. Les résultats étaient similaires pour la PAD mesurée et génétiquement prédite.

Le score de risque polygénique de la pression artérielle peut améliorer l’identification des individus à risque cardiovasculaire élevé y compris celles qui ont à la fois une PA normale et une HTA. D’autres études seront nécessaires pour s’approprier de ce score comme guide dans l’initiation ou intensification du traitement antihypertenseur.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36169945/

Lire la suite