Twenty-Four-Hour Central (Aortic) Systolic Blood Pressure : Reference Values and Dipping Patterns in Untreated Individuals

Référence de l’article : Weber T et al. Hypertension 2022 ;79(1) :251-260.

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet et T Denolle

La pression artérielle systolique centrale (aortique) (PASC) est la pression perçue par le cœur, le cerveau et les reins. Si elle est correctement mesurée, la PASC est plus étroitement associée aux dommages causés aux organes par l’hypertension et au pronostic, par rapport à la PAS brachiale (PASB). Si la PASM et la PADcal sont relativement constantes sur tout l’axe artériel, il existe une amplification de la PAS de l’aorte vers la périphérie, ce qui entraine une différence entre les PASc et la PASB.

Cette publication s’est intéressée  à étudier les profils de 24 heures de la PASB et de la PASC, mesurés simultanément (à l’aide d’appareils Mobilograph) de 2 423 adultes non traités exempts de maladie cardiovasculaire manifeste, cela afin de développer des valeurs de référence et d’analyser la variabilité jour-nuit. 144 509 mesures brachiales et 130 804 mesures centrales valides ont été obtenues. La moyenne de la pression artérielle brachiale sur 24 heures, le jour et la nuit pour tous les individus était respectivement de 124/79, 126/81 et 116/72 mmHg. La PAS centrale a été évaluée à l’aide des ondes brachiales, calculées à partir de la PAS moyenne (PASMc)/PAD calibrée (PADcal) ou la PASB/PADcal. Suivant le mode calcul utilisé, les valeurs moyennes sur 24h, jour et nuit pour la PASMC/PAD étaient respectivement de 128, 128 et 125 mmHg et de 115,117 et 107 mmHg pour la PASB/PADcal.

Dans cette étude il est proposé de manière pragmatique comme limite supérieure pour la PASMC/PADcal de 24h 135mmHg et pour la PASB/PADcal de 24h 120 mmHg.

Cette étude fournit pour la première fois des valeurs de référence de la PASC sur 24h et de son cycle nycthéméral en comparaison avec la PASB, permettant son utilisation en pratique clinique. Néanmoins, ces valeurs sont réalisées avec un seul appareil de mesure et les résultats sont assez différents selon le mode de calcul de la PASc

Article en accès gratuit :  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34775789/

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Association of Different Definitions of Intradialytic Hypertension With Long-Term Mortality in Hemodialysis

Référence de l’article : Singh AT, Waikar SS, Mc Causland FR. Hypertension. 2022 Feb 15:HYPERTENSIONAHA12118058. doi: 10.1161/HYPERTENSIONAHA.121.18058.

Lecture proposée par : JP Fauvel

Si votre pression artérielle monte entre le début et la fin de la séance de dialyse vous avez un sur-risque de mortalité. Chez 3198 patients hémodialysés, des modèles de Cox ont été ajustés pour examiner l’association entre l’hypertension intradialytique (différence de PA entre le début et la fin de la séance de dialyse) et la mortalité toutes causes. Trois groupes de patients ont été constitués ( groupe HyperO : HTA intradialytique comprise entre 0 et 10 mmHg ; groupe Hyper10 : HTA intradialytique de 10 à 20 mm Hg et groupe Hyper20 : HTA intradialytique ≥20 mm Hg) et comparés au groupe de patient dont la PA ne monte pas entre le début et la fin de la séance de dialyse.

Au cours de la période de référence, 47 % des individus répondaient à la définition HyperO et présentaient un risque ajusté de décès supérieur de 32 % (hazard ratio, 1,32 [IC 95 %, 1,05-1,66]), par rapport à une pression artérielle systolique non augmentée. L’Hyper10 était présent dans 21,2 % des cas et associée à un risque ajusté de décès augmenté de 18 % (hazard ratio, 1,18 [IC 95 %, 0,94-1,48]). L’Hyper20 était présent chez 6,8 % des patients et associée à un risque ajusté de décès supérieur de 3 % (hazard ratio 1,03 [IC 95 %, 0,74-1,44]).

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35166122/

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Aortic Stiffness, Central Blood Pressure, and Pulsatile Arterial Load Predict Future Thoracic Aortic Aneurysm Expansion

Référence de l’article : Boczar KE et al. Hypertension 2021 ;77 :126-134.

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

L’anévrisme de l’aorte thoracique est une maladie associée à une morbidité et une mortalité élevées. Cette étude a cherché à déterminer le rôle de la rigidité aortique et de la charge artérielle pulsatile sur la future expansion de l’anévrisme. Cent cinq sujets consécutifs, non opérés, présentant un anévrisme aortique thoracique ont été recrutés et suivis prospectivement. En combinant la tonométrie artérielle avec échocardiographie, différentes mesures de rigidité aortique et de la pression sanguine centrale ont été estimées.

Une régression linéaire multivariable par étapes a évalué les associations entre les mesures de la rigidité et de la croissance de l’anévrisme après ajustement des facteurs de confusion potentiels. L’âge moyen des patients, la taille initiale de l’anévrisme et la durée du suivi étaient de 62,6±11,4 ans, 46,24±3,84 mm et 2,92±1,01 ans, respectivement. Le taux de croissance de l’anévrisme était de 0,43±0,37 mm/an. Après correction pour des comparaisons multiples, la pression systolique centrale (P=0,007) et la pression pulsée (P=0,0002), la vitesse de l’onde de pouls carotide-fémorale (P=0,005) et des ondes de pression réfléchies (P=0,003), ainsi qu’une compliance artérielle totale plus faible étaient indépendamment associés à la croissance future de l’anévrisme.

La rigidité aortique et l’hémodynamique pulsatile sont indépendamment associées à la croissance future de l’anévrisme de l’aorte thoracique et fournissent de nouvelles informations sur l’activité de la maladie. Ces résultats soulignent le rôle de l’évaluation hémodynamique centrale pour adapter de nouvelles stratégies d’évaluation du risque et de traitement aux patients atteints d’anévrisme de l’aorte thoracique.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33249858/

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Association of Fatal and Nonfatal Cardiovascular Outcomes With 24-hour mean arterial pressure

Référence de l’article : Melgarejo JD et al. Hypertension 2021 ;77 :39-48

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

Les événements cardiovasculaires indésirables majeurs sont étroitement associés à la pression artérielle (PA) sur 24 heures. Cette publication s’est intéressée à déterminer des seuils axés sur les résultats pour la pression artérielle moyenne (PAM), la pression artérielle systolique (PAS) et la pression artérielle diastolique (PAD) sur 24 heures avec l’indice de pression artérielle estimé par des appareils oscillométriques sur la base d’une cohorte de population (n=11 596).
Au départ, la PAM au cabinet et sur 24 heures était en moyenne de 97,4 et 90,4 mmHg. Sur une période de 13,6 ans (médiane), 2034 événements cardiovasculaires indésirables majeurs sont survenus. Des niveaux de PAM sur 24 heures de <90 (normotension, n=6183), 90 à
<92 (PAM élevée, n=909), 92 à <96 (hypertension de stade 1, n=1544), et ≥96 (hypertension de stade 2, n=2960) mm Hg ont donné des risques d’événements cardiovasculaires majeurs à 10 ans équivalents à ceux de la PAM de cabinet classée selon les seuils américains de 2017 pour la PAS et la PAD au cabinet. Par rapport à la normotension avec PAM sur 24 heures, les rapports de risque étaient de 0,96 (IC 95 %, 0,80-1,16), 1,32 (1,15-1,51) et 1,77 (1,59-1,97) pour une PAM élevée et une PAM de stade 1 et 2.
En conclusion, l’application clinique des seuils de PAM de 24 heures en conjonction avec la PAS et la PAD affine les estimations du risque.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33296250/

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Chlorthalidone for Hypertension in Advanced Chronic Kidney Disease

Référence de l’article : Agarwal R et al. NEJM 2021 ;385(27) :2507-2519

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet.

Peu de preuves sont disponibles pour soutenir l’utilisation des diurétiques thiazidiques pour traiter l’hypertension chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique avancée.

Cette étude porte sur l’utilisation de la chlortalidone chez des patients avec une maladie rénale chronique de stade 4 et d’une hypertension mal contrôlée sur 24h. 160 patients ont été randomisés. Le débit de filtration glomérulaire moyen (±SD)) était de 23,2±4,2 ml par minute et par 1,73 m2 de surface corporelle et le nombre moyen d’antihypertenseurs prescrits était de 3,4±1,4.

Dans un rapport 1:1 , ils ont reçu de la chlorthalidone à une dose initiale de 12,5 mg par jour, avec des augmentations toutes les 4 semaines si nécessaire jusqu’à une maximale de 50 mg par jour vs placebo.

Le principal résultat de cette étude a été la modification de la pression artérielle systolique ambulatoire sur 24 heures entre le début de l’étude et 12 semaines , avec une réduction de -11,0 mm Hg (intervalle de confiance [IC] à 95 %, -13,9 à -8,1) dans le groupe chlorthalidone et de -0,5 mm Hg (IC à 95 %,-3,5 à 2,5) dans le groupe placebo.

Dès lors cette étude montre que chez les patients avec une insuffisance rénale chronique stade 4 avec une HTA mal contrôlée, un traitement par chlorthalidone à posologies croissantes a amélioré le contrôle de la PA  après 12 semaines, comparativement au placebo.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34739197/

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