Long-term efficacy and safety of renal denervation in the presence of antihypertensive drugs (SPYRAL HTN-ON MED): a randomized, sham-controlled trial

Référence de l’article : Mahfoud F et al. The Lancet 2022 ;399(10333) :1401-1410.

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

Il a démontré que la dénervation rénale permet d’abaisser la pression artérielle (PA) en présence de médicaments antihypertenseurs ; cependant, les données sur l’efficacité et la sécurité à long terme des essais randomisés sur la dénervation rénale font défaut. Dans cette analyse pré-spécifiée de l’étude SPYRAL HTN-ON MED (étude en aveugle), il a été comparé les changements de PA, l’utilisation de médicaments antihypertenseurs et la sécurité jusqu’à 36 mois de la dénervation rénale par rapport à un groupe témoin « sham ».

Des 467 patients de 25 centres cliniques, 80 patients ont été inclus. Les patients éligibles devaient avoir une PAS ambulatoire sur 24 heures de 140-170 mm Hg, tout en prenant un à trois médicaments antihypertenseurs à doses stables pendant au moins 6 semaines. Les patients ont subi une angiographie rénale et ont été randomisés 1:1 à la dénervation rénale par radiofréquence ou à une procédure « sham ». Le critère d’évaluation principal était la différence de traitement dans la PAS moyenne sur 24 heures à 6 mois entre le groupe de dénervation rénale et le groupe de contrôle fictif.

Les PAS et PAD ambulatoires moyennes ont été significativement réduits dans le groupe dénervation rénale et significativement inférieures à celles du groupe contrôle à 24 et 36 mois, malgré une intensité de traitement similaire en médicaments antihypertenseurs. La baisse de tension artérielle était de 18.7mmHg dans le groupe dénervation et de 8.6mmHg dans le groupe contrôle à 36 mois.

La dénervation rénale par radiofréquence comparée au contrôle « sham » est responsable d’une réduction de la PA cliniquement significative et durable jusqu’à 36 mois de suivi, indépendamment des médicaments antihypertenseurs concomitants. Aucun signal de sécurité était détecté à court terme ou long terme

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35390320/

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Consideration of the reference value and number of measurements of the urinary sodium-to-potassium ratio based on the prévalence of untreated home hypertension : TMM Cohort Study

Référence de l’article : Kogure M et al. Hypertension research 2022 ;45 :866-875

Lecture proposée par : G Ehret & M Lopez-Sublet

Le sodium urinaire peut servir à identifier des patients avec une forte consommation de sodium et une hypertension artérielle (HTA) liée à ce comportement. Le recueil d’urines sur 24h n’est pas facilement réalisable en pratique clinique et le spot urinaire n’est pas précis. Le rapport urinaire (spot) de sodium/potassium (Na/Ku) pourrait être une alternative d’analyse de la consommation de sel, cependant, aucune valeur de référence n’a été établie car le rapport Na/Ku est connu pour avoir des variations diurnes et journalières importante.
Cette étude japonaise de cohorte transversale s’est intéressée à étudier le nombre de jours nécessaires pour obtenir une meilleure association entre le rapport Na/Ku du matin et la pression artérielle à domicile. Les données sont issues du projet Tohoku Medical Megabank.

Au total, 3’122 participants ont été équipés des appareils de mesure de la PA et ont eu des mesures du rapport Na/Ku pendant 10 jours consécutifs. L’étude a évalué la relation entre le rapport Na/Ku du matin de 1er jour à 10ème jour et l’hypertension à domicile en utilisant des modèles de régression logistique multiple. On constate que la pression artérielle est corrélée de manière linéaire avec le rapport Na/Ku et les mesures multiples du rapport Na/Ku sont plus fortement associés à une hypertension par automesure que des dosages uniques. Il n’y avait pas de seuil de Na/Ku pour l’association observée. Les mesures de Na/Ku sont restés stables à partir du 3e jour de mesure.
Cette étude conclu à que le rapport Na/Ku en milieu communautaire peut avoir éventuellement le potentiel d’identifier les consommateurs de sel parmi les hypertendus dans une approche populationnelle.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35043014/

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Prevalence of Medications That May Raise Blood Pressure Among Adults With Hypertension in the United States

Référence de l’article : Vitarello JA et al. JAMA Internal Medicine 2022 ;82(1) :90-93

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

Cette enquête transversale représentative de la population américaine s’est intéressée à la prévalence de l’utilisation de médicaments susceptibles d’élever la PA et examine leur association avec le contrôle de la PA et l’utilisation d’antihypertenseurs.

18 % des adultes souffrant d’hypertension aux USA ont déclaré prendre des médicaments susceptibles de provoquer une élévation de la pression artérielle. L’utilisation de ces médicaments était associée à une probabilité accrue d’hypertension non contrôlée chez les personnes ne prenant pas d’antihypertenseurs et à une plus grande utilisation d’antihypertenseurs chez les patients souffrant d’hypertension contrôlée et non contrôlée.

Leurs résultats indiquent une possibilité importante d’améliorer le contrôle de la PA en optimisant la connaissance des médicaments consommés par un patient. Dès lors, les cliniciens devraient systématiquement rechercher les médicaments susceptibles de provoquer une élévation de la PA et envisager de les arrêter, de les remplacer, de minimiser leur dose et leur durée d’utilisation

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34807229/

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Improving compliance to antihypertensive treatment in women with hypertension

Référence de l’article : Milhailidou A et al. e-journal of Cardiology-Practice 2022;22(5)

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

L’inobservance au traitement antihypertenseur reste un défi pour le contrôle tensionnel et cette publication s’intéresse aux différences entre les sexes et fait un focus sur le constat du plus mauvais contrôle actuellement chez les femmes.

Plusieurs obstacles à cela, les facteurs liés au système de santé et l’inertie thérapeutique en première ligne. Plus encore, reconnaitre les symptômes, le retard pris pour débuter un traitement, les objectifs tensionnels non obtenus, la désinformation, le problème lié à la mesure et le cout des médicaments sont aussi à tenir en compte.

Le contrôle de l’HTA est la priorité absolue pour réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires chez les femmes, en particulier celles souffrant d’hypertension. Ce travail aborde de façon synthétique cette problématique avec des messages clefs.

Merci au Dr Milhailidou pour le travail collaboratif avec la SFHTA et accord donné pour publier le lien pour accéder à son travail.

Article en accès gratuit : https://www.escardio.org/Journals/E-Journal-of-Cardiology-Practice/Volume-22/improving-compliance-to-antihypertensive-treatment-in-women-with-hypertension

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Treatment for Mild Chronic Hypertension during Pregnancy

Référence de l’article : Tita AT et al. New England Journal of Medicine 2022, DOI: 10.1056/NEJMoa2201295.

Lecture proposée par : G Ehret

L’utilité et la sécurité du traitement d’une hypertension artérielle non-sévère durant la grossesse sont débattues et il n’y a pas de données de grande qualité pour guider le clinicien. Les bénéfices potentiels d’un tel traitement pourraient être une évolution plus favorable de la grossesse et la crainte est une augmentation du nombre d’enfants qui sont petits pour l’âge gestationnel (PAG).
L’étude CHAP (chronic hypertension and pregnancy), présentée à la réunion de l’American College of Cardiology, est une étude randomisée, multicentrique, ouverte, s’adressant à des femmes avec une hypertension non-sévère (TAS 140-159 ou TAD 90-104mmHg). L’inclusion dans l’étude s’est faite avant 23 semaines de grossesse. Le critère de jugement primaire est un critère composite de prééclampsie, naissance précoce, abruption placentaire, mort fœtal ou néonatal. Le critère de jugement de sécurité est le taux d’enfants avec un poids de naissance en dessous de la 10e percentile.
Au total 2,408 femmes ont été incluses. Le critère de jugement primaire était observé plus rarement dans le groupe de traitement actif: 30.2 vs. 37% (RR 0.82, p<0.001). Le taux d’enfants PAG n’était pas statistiquement différent entre les deux groupes (11.2 vs. 10.4%, p=0.76). Dans les critères de jugement secondaire, le taux de complications sévères maternelles (2.1 vs. 2.8%), le taux de complications sévères néonatales (2 vs. 2.6%) et le taux de prééclampsie (24.4 vs. 31.1%) et le risque de naissance précoce (27.5 vs. 31.4%) étaient tous moins important dans le groupe de traitement actif.
Les résultats représentent les premières données de haute qualité qui suggère que le traitement d’une hypertension non-sévère durant la grossesse est bénéfique pour la femme et l’enfant.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35363951/

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