Measured Blood Pressure, Genetically Predicted Blood Pressure and Cardioavscular Disease risk in the UK Biobank

Référence de l’article : Cho JSM et al. JAMA Cardiology 2022;28:e1-e9;doi:10.100/jamacardio.2022.3191

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

L’hypertension artérielle reste le principal facteur de risque de maladie cardiovasculaire (MCV) dans le monde. La variabilité de la pression artérielle (PA) mesurée peut entraîner une prise en charge sous-optimale. La question de savoir si les facteurs génétiques contribuant à une PA élevée peuvent-ils compléter l’évaluation du risque de maladie cardiovasculaire ?

Ce travail s’est intéressé à examiner l’incidence des MCV en fonction du score de risque polygénique de la PA indépendamment des PA mesurées et des prescriptions de médicaments antihypertenseurs.

Il s’agit d’une étude de cohorte (UK Biobank) qui a recruté des résidents britanniques âgés de 40 à 69 ans entre mars 2006 et mars 2007. Les participants n’ayant pas fait l’objet d’une maladie cardiovasculaire ont été inclus.

Le critère principal a été le premier incident: infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque ou décès d’origine cardiovasculaire.

Sur les 331 078 participants à l’étude inclus. 56,9 [8,1] ans ; 178 824 femmes [54,0 %]), 83 094 (25,1 %) PA normale, 197 597 (59,7 %) HTA non traitée, et 50 387 (15,2 %) avaient une HTA traitée. Au cours d’un suivi médian (IQR) de 11,1 (10,4-11,8) ans, le résultat principal est survenu chez 15 293 participants.

Classés en 3 groupes (PA normale, HTA non traitée et HTA traitée), chaque écart-type d’augmentation de la PAS mesurée était associé à des rapports de risque de 1,08 (IC95 %, 0,93-1,25), 1,20 (IC95 %, 1,16-1,23) et 1,16 (IC95 %, 1,11-1,20) respectivement pour le résultat primaire. Parmi ces mêmes catégories, chaque écart-type d’augmentation de la de la PAS génétiquement prédite était associée à des rapports de risque accrus de

1,13 (IC95 %, 1,05-1,20), 1,04 (IC95 %, 1,01-1,07) et 1,06 (IC95 %, 1,02-1,10), respectivement, indépendamment des PA mesurées et d’autres covariables. Les résultats étaient similaires pour la PAD mesurée et génétiquement prédite.

Le score de risque polygénique de la pression artérielle peut améliorer l’identification des individus à risque cardiovasculaire élevé y compris celles qui ont à la fois une PA normale et une HTA. D’autres études seront nécessaires pour s’approprier de ce score comme guide dans l’initiation ou intensification du traitement antihypertenseur.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36169945/

Lire la suite

Does blood pressure variability affect hypertension development in prehypertensive patients ?

Référence de l’article :Ozkan G et al. Am JHypertension 2022 ;35(1) :73-78

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

La variabilité de la pression artérielle (VPP) est associée à l’atteinte des organes cibles et au risque cardiovasculaire chez les patients hypertendus.

L’objectif de la présente étude était d’évaluer l’effet de la VPP sur le développement de l’HTA.

Pour cela, 207 patients pré-hypertendus de la cohorte « Cappadoce » ont été suivis pendant deux ans. Des mesures de la pression artérielle ambulatoire (MAPA) sur 24 heures, de la pression artérielle au cabinet et de la pression artérielle à domicile (AMT) ont ensuite été effectuées à des intervalles de 4 à 6 mois.

Une HTA été diagnostiquée chez 25,60 % des sujets. La pression artérielle systolique et diastolique de 24 heures à la MAPA et de l’AMT étaient significativement plus élevées chez les patients qui ont développé une HTA, que chez les autres patients (P 0,006, 0,001 et 0,006, respectivement). Dans une régression logistique, la présence d’une variabilité >90e percentile était un prédicteur dans le développement d’une hypertension.

Cette étude de cohorte observationnelle prospective a montré que la VPP (à court terme en particulier) peut prédire le développement de l’HTA dans la population pré-hypertendue.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34351385/

Lire la suite

Blood-Pressure Targets in Comatose Survivors of Cardiac Arrest

Référence de l’article : Kjaergaard J et al. NEJM August 27 2022. DOI:10.1056/NEJMoa2208687 .

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

Les données probantes à l’appui du choix des cibles de pression artérielle pour le traitement des survivants comateux d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier qui reçoivent des soins intensifs sont limitées.

Dans cet essai randomisé en double aveugle avec un plan factoriel 2 par 2, il a été évalué une cible de pression artérielle moyenne (PAM) de 63 mm Hg par rapport à 77 mm Hg chez des adultes comateux qui avaient été réanimés après un arrêt cardiaque extra-hospitalier de cause cardiaque présumée.

Le critère de jugement principal était un composite de décès toute cause ou de sortie d’hôpital avec une catégorie de performance cérébrale (CPC) de 3 ou 4 dans les 90 jours, une catégorie de 3 ou 4 indiquant un handicap sévère ou un coma.

Au total, 789 patients ont été inclus dans l’analyse (393 dans le groupe à cible de PAM élevée et 396 dans le groupe à cible basse). Un événement primaire est survenu chez 133 patients (34 %) dans le groupe à cible élevée et chez 127 patients (32 %) dans le groupe à cible basse (hazard ratio, 1,08 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,84 à 1,37 ; P=0,56). A 90 jours, 122 patients (31%) dans le groupe à cible haute et 114 patients (29%) dans le groupe à cible basse étaient décédés (hazard ratio, 1,13 ; 95% CI, 0,88 à 1,46). Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes concernant la performance cérébrale, cognitive ou d’un proxy biologique de souffrance neurale (enolase neuronale). Le taux d’effets indésirables n’était pas différent entre les deux groupes.

Les auteurs concluent qu’une cible de pression artérielle moyenne de 77 mm Hg ou de 63 mm Hg chez des patients survivant un arrêt cardiaque n’a pas entraîné de différence significative dans la survie ou invalidité grave.

L’étude est importante parce qu’elle ne démontre pas de signal de sécurité pour une PAM <75mmHg, seuil qui est généralement retenu comme minimum afin d’obtenir une perfusion suffisante du cerveau post-anoxique, base sur des données observationnelles.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36027564/

Lire la suite

Insights from matched office and ambulatory blood pressure in youth : clinical relevance

Référence de l’article : Lurbe E et al. Hypertension 2022 ;79(6) :1237-1246.

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

La relation entre les valeurs de la mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) et les valeurs de la pression artérielle en consultation (MPAC) prises simultanément chez les enfants est encore décrite de manière incomplète.

Cette étude clinique s’est intéressée à comparer les valeurs de MAPA et de MPAC dans une grande population d’enfants. Au total, 3’690 mesures de MAPA et de MPAC ont été

réalisées le même jour, chez 2’390 enfants (filles et garçons), âgés de 5 à 15 ans. La MPAC a été mesurée à l’aide d’un appareil oscillométrique (Omron 705 IT) et la MAPA sur 24 heures à l’aide de l’oscillomètre SpaceLabs 90207.

L’équipe a constaté que les valeurs systoliques et diastoliques diurnes MAPA étaient plus élevées que les valeurs de la MPAC, avec une réduction progressive des différences entre 5 et 15 ans. Les différences entre les valeurs de la MPAC et la MAPA diurne étaient les plus importantes chez les sujets normotendus et les valeurs MPAC était légèrement plus élevée que MAPA chez les hypertendus, indépendamment de l’âge et du poids. L’HTA blouse blanche et l’hypertension masquée survenait à des taux similaires dans chaque groupe d’âge.

L’étude suggère qu’il n’est pas possible d’obtenir des valeurs de référence précises pour la MAPA en extrapolant à partir des valeurs de la MPAC. Les valeurs de MPAC et MAPA sont similaires chez les enfants avec une hypertension, ce qui peut renforcer la recommandation d’utiliser la MAPA afin de confirmer l’hypertension

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35345885/

Lire la suite

Hypertension and incident cardiovascular events after next-generation BTki therapie initiation

Référence de l’article : Chen ST et al. J Hematol Oncol 2022 ;15(1) :92.doi :10.1186/s13045-022-01302-7.

Lecture proposée par : M Lopez-Sublet

Des analyses post-commercialisation ont révélé des liens imprévus entre le traitement par un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton (BTKi) de première génération, l’ibrutinib, et une HTA précoce sévère. Cependant, on ne sait pas si ce phénomène est observé avec le nouveau traitement BTKi sélectif de deuxième génération l’acalabrutinib.

Cette étude a évalué l’incidence et impact d’une HTA « de novo » ou aggravée (PAS ≥ 130 mmHg – définition américaine) après l’initiation de l’acalabrutinib. Les auteurs se sont appuyés pour cela sur la grande cohorte de patients consécutifs atteints de cancer à cellules B traité par acalabrutinib de 2014 à 2020. Le critère d’évaluation secondaire était les événements cardiovasculaires majeurs (ECVM)

Globalement, sur 280 patients traités par acalabrutinib, 48,9 % ont développé une nouvelle hypertension ou une hypertension aggravée (définition américaine) sur une période médiane de 41 mois. L’incidence cumulée de nouvelle hypertension à une année était de 53,9 %, dont 1,7 % avec une hypertension de stade 3 ou plus. Le degré d’augmentation de la pression artérielle dans l’année qui suit le début du traitement prédit le risque de ECVM (augmentation de 42 % du risque relatif pour chaque 5mmHg d’augmentation de la pression artérielle, P < 0,001).

Ces données suggèrent que l’hypertension peut être un effet de classe des thérapies BTKi qu’il faut prendre en compte car elle est associée à la survenue d’ECVM. L’estimation du risque cardiovasculaire est difficile à interpréter à cause des biais inhérents dans le cadre de l’étude rétrospective.

Pour en savoir plus : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35836241/ 

Lire la suite